Afrique - La Renaissance africaine mise sur le potentiel de l’économie bleue

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Photo de groupe - La Renaissance africaine mise sur le potentiel de l’économie bleue
Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a officiellement inauguré ce mardi 18 septembre 2018 une conférence de haute facture sur l’économie bleue et l’industrialisation en Afrique. Il s’agit de 24ième session de l’Intergovernmental Committee of Experts (ICE) pour la région Afrique australe qui se tient du 18 au 21 septembre à l’hôtel Le Méridien de Pointe aux Piments. L’ICE est une sous organe de l’ONU au sein de l’Economic Commission for Africa.

L’Afrique se prépare aux opportunités et aux défis de l’économie bleue, considérée comme la nouvelle frontière de la Renaissance africaine par l’Union africaine. 38 des 54 Etats africains sont baignés par les mers. Ils comprennent les iles de l’océan indien. Les zones maritimes sous la juridiction africaine couvrent une superficie de quelque 13 millions de kilomètres carrés.

Pour le ministre des Affaires étrangères, l’économie bleue offre à l’Afrique la possibilité d’accélérer son développement dans un nouvel ordre économique mondial. Avec une population encore jeune et possédant 40% des ressources minérales du monde entier, le continent africain devient incontournable comme une nouvelle frontière de la croissance mondiale.

Le ministre affirme que l’Afrique a tous les atouts pour prendre son destin en main et ne plus compter sur les grandes puissances économiques pour assurer son développement. Le continent doit, à cet effet, miser sur un esprit de coopération Sud-Sud qui privilégie un scénario gagnant-gagnant et le respect des intérêts mutuels.

Il n’est pas question, insiste Vishnu Lutchmeenaraidoo, que des pays tierces viennent piller les ressources naturelles de l’Afrique pour s’enrichir au détriment des populations locales.

Le ministre a brièvement retracé le cheminement économique de Maurice qui a su se libérer d’un état de sous-développement et développer son économie avec une diversification dans l’industrie manufacturière, le tourisme et les services financiers, notamment.

Ce modèle a assuré la prospérité de la population pendant plusieurs années mais a fait son temps. Le pays, dira le ministre, est aujourd’hui à La croisée des chemins. Il faut une nouvelle impulsion à l’économie pour qu’elle puisse se libérer du mid-income trap.

C’est ainsi qu’en 2015, le gouvernement a mis en place une nouvelle architecture de l’économie qui mise sur trois nouveaux piliers à savoir l’économie océanique, le Maritime Hub et l’ouverture vers l’Afrique.

Maurice qui dispose d’une vaste zone économique exclusive de plus de 2,3 millions kilomètres carrés envisage son développement futur en tant qu’Etat océan. Cette conférence devrait proposer aux décideurs mauriciens de nouvelles pistes pour concevoir l’économie bleue dans une perspective africaine.

L’économie bleue représente un potentiel énorme de création de richesse pour les pays africains. Elle trouve désormais une place de choix dans l’agenda de développement durable tant à l’échelle nationale que régionale.

L’Afrique australe veut s’inspirer du leadership de Maurice et des expériences des iles de l’océan indien en matière de gouvernance maritime et l’exploitation durable des richesses de la mer.

Le chef de la diplomatie mauricienne s’est appesanti sur la nécessité de protéger les ressources océaniques dans l’optique d’un développement durable des différentes filières de l’économie bleue.

Maurice joue un rôle prépondérant sur le plan de la sécurité maritime dans la région pour protéger nos mers contre le pillage des ressources marines, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN), la piraterie, le commerce illicite des stupéfiants, le trafic humain, le terrorisme, le trafic des armes et la pollution marine, entre autres.

Plusieurs mesures phares ont été adoptées pour renforcer l’architecture sécuritaire et de surveillance dans la partie occidentale de l’océan indien. Parmi, il y a l’opérationnalisation du Centre régional de coordination opérationnelle (CRCO) aux Seychelles et du Centre régional de fusion de l’information maritime (CFRIM) à Madagascar sous l’égide de la Commission de l’océan indien.

Ces centres disposent de systèmes sophistiqués pour identifier et localiser les bateaux suspects dans nos eaux et coordonner les opérations d’intervention pour les mettre hors d’état de nuire.

Par ailleurs, Maurice a obtenu de l’Union Européenne un electronic catch reporting system, soit une technologie extrêmement performante, qui permet de répertorier et aussi de quantifier en temps réels les prises de poissons par les bateaux de pêche opérant dans les eaux mauriciennes. Ces nouvelles mesures aideront à combattre la pêche illégale et à améliorer la sûreté de l’océan dans la zone.

Maurice avait organisé une conférence internationale sur la sécurité maritime avec la COI en avril 2018. La conférence a connu un franc succès et a pu mobiliser les efforts de la communauté internationale pour sécuriser nos océans. Pour bien affirmer son engagement à la sûreté des mers dans la zone, la COI organisera chaque année une conférence sur la sécurité maritime en vue de répondes aux défis qui se présentent.

La 24ème session de l’ICE se penchera sur les opportunités de mettre en place des chaines de valeur régionales dans les diverses filières de l’économie bleue afin de faire bénéficier un maximum de pays à la nouvelle frontière de la Renaissance africaine.

Dans cette optique, le ministre invite les pays de l’Afrique australe à mobiliser les investissements nécessaires dans l’infrastructure stratégique de l’économie bleue.

A Maurice, poursuit-il, il est essentiel de construire un port de pêche moderne qui puisse à tout moment abriter 18 à 20 navires de pêche et qui soit doté d’installations modernes d’entreposage et de transformation.

Ces facilités permettront d’augmenter sensiblement la production de produits de mer et éventuellement d’envisager un centre de distribution régional.

Maurice sollicite l’assistance des pays étrangers pour développer de nouvelles capacités industrielles dans le secteur de la pêche afin que l’économie bleue puisse prendre son véritable envol.

Source: https://www.inside.news/2018/09/19/la-renaissance-africaine-mise-sur-le-potentiel-de-leconomie-bleue
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